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06 décembre 2006

And in the end, the love you take is equal to the love you make

Vous est-il déjà arrivé d'éprouver dans une circonstance accessoire (genre, sous la douche, ou en allant vider la poubelle) ces instants de lucidité aigüe où tout devient clair et compréhensible (non, Jean-François, ne me dis pas que cela n'arrive qu'à moi !). C'est ainsi que ce matin, en ouvrant mes volets, j'ai accusé réception d'une sensibilité particulière aux marques d'attention, et entériné une nouvelle façon d'être et de vivre en gestation depuis quelques temps déjà. J'adore ces moments là :)

Tout le monde aime les marques d'intérêt et d'attention. Je ne suis pas une exception, mais vous ne me verrez pas courir dans la rue, le visage barbouillée de rouge et avec de grandes cornes, la fourche à la main, en hurlant avec la voix de Johnny, "Moi ma gueule, qu'est ce qu'elle a ma gueule..."... Adolescente, j'ai pourtant cousu sur les 2 poches de mon jean, la langue des Stones sur une fesse, et une main noire sur l'autre, jusqu'au jour, où ma mère m'a fait comprendre que c'était soit l'arrachage immédiat des patches, soit la pension. Tout ça, juste pour attirer un peu l'attention.. (les parents d'ado se reconnaitront surement) Mais quelquefois, - et je pense que c'est une part de nous qui veut se sentir connecté aux autres personnes - j'aime savoir que les gens qui m'entourent, s'intéressent et se préoccupent un peu de moi. I care about you, dit-on en anglais.

Bien sur, nous avons tous éprouvé l'autre façon d'attirer l'attention. Celle qui consiste par exemple à amplifier de petits soucis de la vie, de petites choses du quotidien qui nous parasitent, pour que les gens autour nous manifestent plus d'attention. Un enfant avec ses parents, un parent avec ses enfants, un mari avec sa femme, nous avec un collaborateur, un chef, un collègue, un copain... Rechercher l'attention de l'autre sur la base du sentiment de compassion, de pitié, ou d'affectation... donc sur un sentiment négatif, peu nourissant et très volatile. et générateur d'un cycle... manque, jeu, attention....

Pour mes 12 ans, une "vieille dame" anglaise m'a offert un journal intime. C'était un petit manuscrit en cuir bleu relié et enluminé à l'or fin, et dont le papier raffiné venait accueillir mes empreintes quotidiennes. Sur la page de garde, était inscrit de sa belle écriture, "You get from life what you give to life". Banal me direz-vous, un peu cliché comme ça, mais ces mots ont longtemps guidé ma façon d'être dans la vie. Et puis, c'est devenu plus compliqué, et quelque chose s'est fermé à l'intérieur rendant moins généreuse ou plus comptable la façon de donner.

Il fallait donc peut être en passer par toutes ces péripéties pour finalement revenir à cette façon de faire. Etre capable d'éprouver une intense satisfaction à exposer l'intérêt ou l'attention que je porte à ceux qui m'entourent. Et si cette attention m'est retournée, c'est la cerise sur le gateau, et si non, c'est Ok quand même (comme dit Francis !). Mille mercis pour tous vos feedbacks, vos mots gentils, vos encouragements, votre chaleur.

Notre rencontre m'a sur le fond bouleversé, et le blog est né de ce bouleversement. Cet endroit c'est le notre, le vôtre. Il est notre lien dans le temps et l'espace, mais il est aussi notre ouverture vers l'extérieur. Il peut porter le fruit de nos aventures individuelles, il peut oeuvrer comme agitateur d'idées, et alimenter nos réflexions et nos discussions. Gardons le vivant, multicolore, à l'image de notre promotion, gardons le ouvert comme une arme contre tout les sectarismes.